Quand on évoque la figure du prophète, en général, cela nous renvoie au désert, à un menu frugal fait de miel et de sauterelles, à une peau de chameau en guise de vêtement, et à la rigueur, une ceinture et des sandales. Soudain les visages d’Isaïe, d’Elie et de Jean-Baptiste se dressent devant nous.
L’habit ne fait pas le moine ! Viendrait-il à l’idée de l’un d’entre nous de se présenter au bureau, en famille et même à l’église, qui sait, dans un tel accoutrement ? Et pourtant, c’est bien à nous, prophètes par notre baptême, que les paroles de Jésus s’adressent aujourd’hui, nous qui nous réclamons de lui, et voulons être ses disciples.
La peau de chameau a fait place aux habits citadins, le menu frugal est troqué contre un ticket restaurant, le désert est devenu le métro où l’on peut crever de solitude. Notre époque est celles des Prophètes qui ne rougissent pas de leur fidélité au Christ, et qui savent l’annoncer, à temps et à contre-temps, en opposition avec les valeurs du monde. Nous sommes prophètes dans la mesure où nous nous décidons pour le Christ, et que nous savons ce que cela implique de foi, d’espérance, de courage et de persévérance. « Réjouissez-vous, tressaillez de joie, car alors votre récompense est grande dans le Ciel. »
« Je croirais en Dieu lorsque les Chrétiens auront une tête de ressuscités ! » disait Nietzsche. Le Christ appelle encore aujourd’hui des prophètes, qui croient au Ciel, et qui ne réduisent pas l’Evangile du Salut à n’être qu’un « catéchisme de petites valeurs mondaines » un peu mièvres.
Père Xavier Lefebvre, curé +

Updated: 27 février 2019 — 18 h 58 min

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