Souvenirs de baptême

J’ai dû commencer par balbutier. À l’âge où on ne peut ni marcher, ni parler, ni choisir, mon avenir était encore entre les mains de mes parents. Alors, ils ont guidé mes pas, emprunté ma voix, exercé ma liberté. Dieu a tout entendu : j’ai renoncé à Satan, j’ai choisi la foi qui conduit à la vie éternelle. Désormais, rien ne pourra lui faire changer d’avis, je serai son enfant.
Ensuite, le grand saut, le grand plongeon. Pas le temps de prendre sa respiration, ni de faire ses valises, seulement de prendre un billet aller-retour. J’ai traversé la mort, rien de moins. Ma main était serrée bien fort dans celle du Christ, je suis ressuscité avec lui. Cinq secondes, un peu d’eau, le nom de la sainte Trinité, le voyage était accompli. L’enfer est derrière moi, vaincu comme à Pâques, et plus question d’y retourner.
Enfin, dernières formalités surnaturelles : la robe blanche des sauvés, l’onction royale, la lumière du monde… Tiens ! mon nom est inscrit en double exemplaire : sur un registre paroissial et sur le livre de vie. Après tout, ça ne consomme pas d’encre d’avoir son nom inscrit dans les cieux.
Avant de partir, on me donne une mission : « ah ? ce n’est pas terminé ? — non, tout commence ! — Que dois-je faire ? — Devenir, au minimum, un saint. — J’ai combien de temps ? — Juste ce qu’il faut. — Qu’est-ce vous me donnez pour y parvenir ? — La grâce de Dieu, elle peut tout ». Me voici rassuré.
C’était le jour béni de mon baptême, et peut-être aussi du vôtre. Je suis chrétien, nom glorieux greffé sur un pécheur. Allez ! La vie, la vraie, peut commencer…
P. Antoine Renoult

Updated: 20 janvier 2019 — 16 h 22 min

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